Je vais donc vous parler de ces idées de cinglé, ces projets dont on ne peut absolument pas s'occuper dans la vie courante, ces gouffres à pognon, ces aspirateurs de temps débouchant sur des objets inutiles, donc ô combien précieux, mais qui n'intéressent personne, ou presque. Si, moi, mais c'est plus pour essayer de retrouver les habitudes, la motivation, et cette foutue concentration qui me fait encore défaut aujourd'hui…
Grosso merdo, on peut donc dire que la dynamique pas très dynamique du dessin est revenue avec la FTL (abréviation de l'uchronie "1940, et si…" dénommée Fantasque Time Line, du pseudo du créateur). Écrire sur le déménagement du Bloch 157 en Afrique du Nord ou la résistance héroïque des groupes de Breguet 693, ça donne envie de donner une autre image des avions que celles de taxis quasi abandonnés sur des terrains, ou encore plus honteux, porteurs des croix gammées. Comme en plus, il faut chercher de la doc pour narrer une histoire alternative cohérente avec la réalité, il est facile de tomber sur les photos ad hoc.
Pour le Bloch MB 157, c'est un peu court: 5 photos, de courts articles, et quelques tentatives de dessins façon plan 4 vues qui ne peuvent satisfaire que ceux qui se contentent de peu ou d'à-peu-près. Bon, faut pas se voiler la face ni se créer un piédestal vertigineux: Il sera impossible de faire quelque chose de tout à fait juste. Mais on peut quand même éviter certains pièges par le seul jeu de la réflexion et de la logique. L'avion est une évolution des Bloch 15x, voire même du 155, le dernier-né opérationnel (à peu d'exemplaires) de la famille. Par exemple, toute la partie derrière l'habitacle est identique après deux cadres, ça facilite la mise en route et permet de caler solidement la seule photo de profil, heureusement correcte. Ensuite, il faut interpréter les textes, et réfléchir en essayant de se mettre à la place des ingénieurs ayant présidé à la mise en chantier, ceux-ci ont probablement bénéficié des retours d'expérience des pilotes de l'Armée de l'Air. J'essaye donc de penser "pilote opérationnel", puis "ingénieur et les doléances des uns et des autres (la production)" pour aboutir à quelque chose de cohérent. Tout en me méfiant des commentaires élogieux écrits pendant et après guerre sur l'avion, avec une fort probabilité de surestimation.
Le pire dans l'histoire, c'est le temps que je mets pour avancer à petits pas. Chaque réflexion, chaque nouvelle étape qui pose problème me bloque mentalement pendant plusieurs heures, voire plusieurs jours ou semaines. Heureusement qu'il n'y a pas de calcul de rendement, je serais foutu dehors vite fait! D'un autre côté, et pour positiver, cette lenteur m'évite les erreurs habituelles du vite-fait, donc mal-fait, qu'il faut recommencer. Je dois apprendre à ne pas vouloir trop en faire, apprendre à m'arrêter avant que les nerfs ne flanchent. Cruel apprentissage du renouveau que de se freiner! Les psys disent que je le fais bien et m'encouragent, mais quelque part, ça me révulse de me reposer plus que ce que je ne travaille… Commencé en mai 2017 (six mois après les premiers écrits FTL), il me faudra sept mois pour arriver au plan 4 vues que vous voyez. En temps ordinaire, c'était le travail d'une semaine ou deux au plus.

A partir de là, comme je continue d'écrire une nouvelle histoire pour l'avion, je poursuis également l'évolution logique -à mon sens- de l'avion, en créant un MB 158 puis un MB 159 qui, curieusement, commence à ressembler à un Thunderbolt! Mais avouez que ça a une autre gueule que du vert-de-gris allemand barré de jaune!


